dimanche 08 novembre 2026 à 11:15
A l’occasion (avec quelques semaines de retard) de la commémoration du 17 octobre 1961, jour funeste où la police française assassina une centaine de militants algériens indépendantistes, séance exceptionnelle précédée d’un petit déjeuner algérien ( thé à la menthe ou café + Kesra et Baghrir , +3 euros) suivie d’une rencontre avec l’historien Gilles Manceron, spécialiste du fait colonial et de la Guerre d’Algérie, auteur entre autres de “Marianne et les Colonies” (éditions de la découverte)
Octobre à Paris
Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 1962
Durée : 70 mn
Sortie nationale : 21/10/2026
La Guerre d’Algérie reste l’un des sujets les plus sensibles de l’Histoire de France. Ce sont les massacres de Sétif le 8 mai 1945, ce sont les morts du métro Charonne le 8 février 1962… Octobre à Paris de Jacques Panijel est un film lui consacré à la manifestation des Algériens, le 17 octobre 1961 à Paris. Ce jour-là, en réaction au couvre-feu instauré par le préfet de police Maurice Papon et destiné aux « Français musulmans d’Algérie », le Front de Libération Nationale (FLN) lance un appel à la manifestation. 30 000 Algériens descendent dans les rues de Paris. La police, chauffée à blanc par les attentats commis par le FLN sur le territoire français, procède à une répression violente : on compte 11 000 arrestations, et 80 à 200 morts.
« Ce film rare a été fait dans la clandestinité, dans les bidonvilles de Nanterre et Gennevilliers, et dans le centre de torture de la Goutte-d’Or. Tourné quelques semaines après la marche pacifique qui s’acheva par des milliers d’arrestations et d’assassinats, le film reconstitue à chaud l’événement, donne la parole à ceux qui organisèrent le rassemblement, à ceux qui vécurent la répression sanglante ordonnée par le préfet Maurice Papon, à ceux aussi qui échappèrent à la mort après avoir été jetés à la Seine. » Censuré par le gouvernement jusqu’en 1973, le film fait l’objet de projections clandestines. Jacques Panijel refuse sa sortie en salles tant que ne figurera pas la mise en cause d’un « crime d’État » en avant-propos. Il meurt en 2010 sans avoir pu assister à la projection du film. Un document exceptionnel ! (avec l’aide précieuse de Sophie Dufau de Médiapart).



