mardi 24 novembre 2026 à 20:30

Séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur JOSÉ VIEIRA

Séance unique organisée par la CIMADE dans le cadre du festival Migrants Scène, précédée d’un petit apéritif basque dès 19h30 (+4 euros) et suivie d’une rencontre autour des questions de renforcement des frontières en interrogeant le passé pour mieux comprendre le présent avec le réalisateur JOSÉ VIEIRA et de PASCALE VIGOUROUX, FABIEN MAJESTÉ et MARIE-ODILE ROGISSART membres de La Cimade du Val d’Oise. 

Nous sommes venus

Réalisation : José Vieira


Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2021
Durée : 76 mn

Comment regarder les images des réfugiés d’aujourd’hui quand soi-même il y a plus de cinquante ans, on vivait la même ‘‘aventure’’, la même violence, la même errance ? Que garde-t-on dans sa mémoire, quel souvenir, quel réveil ? C’est la ‘‘leçon de vie’’ que José Vieira partage avec nous dans son film. Il en témoigne.

« 2015 : des trains sont pris d’assaut par des réfugiés. Je crédite ces images de gens en fuite à mon histoire : j’avais sept ans quand j’ai passé la frontière, le 23 janvier 1965 à Hendaye. Dans ma mémoire, nulle trace de mon arrivée en France. Comment raconter un événement dont on a aucun souvenir, sinon en cherchant notre histoire dans celle des autres ? »

Voilà comment José Vieira nous présente sa démarche de cinéaste et de citoyen observateur du monde, des bouleversements humains et de son engagement car ses images ce sont des alertes sur ce qui se passe autour de nous.

C’est comme une lettre-filmée à sa fille, avec un beau et poétique texte sur la mémoire de l’immigration. Et il se questionne, ‘‘à quoi sert notre mémoire de l’immigration?’’ Pas à nous lamenter, ça ne sert à rien, mais plutôt à nous dire ‘‘ne regarde pas ce que nous sommes mais ce que nous allons devenir, ce que nous voulons devenir’’.

Et c’est tout l’intérêt de ce documentaire de nous inviter, de nous permettre de suivre dans ces images d’aujourd’hui et dans d’autres d’hier, comment cette histoire est présente, et nous suit avec la même force et acuité de l’histoire qui nous a précédé. C’est un document de transmission de ce qui fait continuité dans nos vies même si c’est l’histoire d’une rupture !

Son film nous parle d’hier, des milliers de portugais qui ont traversé la frontière clandestinement, notamment à Hendaye, dans les années 60 et début de 70, et nous parle aussi d’aujourd’hui des réfugiés d’Afrique, qui ont les mêmes paroles, les mêmes regards, les mêmes attentes.

Nous sommes pris par les images de train, que José Vieira sait et aime filmer, de gares et de celle de Hendaye, lieu d’arrivée et de transit, qui a marqué durablement des générations de clandestins. Les migrants des années 30, les réfugiés espagnols fuyant Franco, des portugais, migrants économiques et politiques fuyant Salazar et refusant de participer à la guerre coloniale…

(Arthur Porto, Blog Médiapart)