vendredi 30 octobre 2026 à 20:00

3ème édition du SCOPE-CLUB : Spécial Halloween

Ouverture des portes à 20h00, (+Surprise) projection du film à 20h30 suivie d’un talk animé par Florian & Nina.

Possibilité de repas concocté par Cinescope.

Tarif unique : 5 euros prévente conseillée (mais pas obligatoire) sur BilletWeb. 

Hérédité

Réalisation : Ari Aster
Casting : Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Shapiro Milly
Scénario : Ari Aster


Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2018
Durée : 126 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 13/06/2018

Ellen, la matriarche de la famille Graham, meurt. Annie, sa fille, qui n’était pas en très bons termes avec elle, n’est pas spécialement bouleversée, à la différence de sa petite-fille Charlie, treize ans, au comportement étrange. Annie, Steve, son mari, et Charlie s’installent dans la maison d’Ellen. Annie, qui crée des scènes avec des figurines, découvre que sa mère avait un goût prononcé pour le spiritisme. Rapidement après l’enterrement, Steve apprend que la tombe d’Ellen a été profanée. Il décide de garder pour lui cette information, et de ne pas en parler à Annie. Peu après, la famille voit se produire des événements surnaturels…

Ce film d’horreur réalisé par un jeune cinéaste a été comparé à L’Exorciste. Un classique dont on retrouve, ici, l’ambition : rendre l’effroi plus réaliste, plus crédible et plus troublant. Hérédité est d’abord un drame intimiste tout en tensions, construit autour d’un argument très fort : soudée par le chagrin lors des obsèques de la grand-mère, une famille se fracture et le doute grandit sur le rôle de la vieille dame auprès de sa fille et de sa petite-fille. Même après sa mort… En utilisant comme toile de fond de l’angoisse la période du deuil, si sensible et presque sacrée, le réalisateur place son film sous le signe de l’émotion. Dévastée par la perte de sa mère, la femme au foyer qu’interprète remarquablement Toni Collette n’est plus en mesure d’affronter le quotidien et, dans cette fragilité qui inspire la compassion, les forces du mal viennent se mêler à la douleur sincère. Cet étonnant double registre est tenu avec beaucoup de maîtrise par Ari Aster, qui soigne autant le portrait de son héroïne que les effets chocs. Dans la dernière partie, il laisse un surnaturel vraiment baroque l’emporter, comme dans son récent et moins convaincant Midsommar. Mais dans Hérédité, le sujet, posé par le titre, reste intéressant de bout en bout : de quoi hérite-t-on ? Quelles énigmes nous sont transmises ? Quels liens ? Le fantastique se révèle le registre idéal pour jouer, d’une manière très psy, avec la peur de (perdre) l’amour d’une mère et tous nos démons familiers.

(Frédéric Strauss – Télérama)