L’invitation
The invite
Réalisation : Olivia Wilde
Casting : Seth Rogen, Olivia Wilde, Penelope Cruz, Edward Norton
Scénario : Rashida Jones, Will McCormack
Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2025
Durée : 107 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 16/09/2026
« On devrait toujours être amoureux. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier. »
Cette célèbre citation d’Oscar Wilde ouvre le troisième film d’Olivia également Wilde (qui n’a sans doute pas choisi son nom d’artiste au hasard) et donne d’emblée la tonalité sur l’état de la relation entre nos deux protagonistes principaux : Angela et Joe (Olivia elle-même et Seth Rogen). Après un rapide coup d’œil dans le rétro via les images façon film super 8 d’un mariage laissant espérer le meilleur et certainement pas le pire, on entre rapidement dans le vif du sujet : une énième dispute. Le motif ? Angela a invité à dîner les mystérieux voisins du dessus, sans prévenir Joe (du moins en est-il persuadé) qui, lui, ne peut pas les voir en peinture. Angela insiste sur son envie de faire plus ample connaissance avec le couple, c’est aussi l’occasion de leur présenter la rénovation de l’appartement et de s’excuser à retardement du bruit causé par les travaux. Qu’à cela ne tienne, du côté de Joe, ce sera le moment idéal pour leur signifier que leurs ébats, très fréquents, sont particulièrement sonores et énervants (à plus forte raison à l’heure où sa vie sexuelle à lui est aux abonnés absents, mais ça, bien entendu, il ne le dira pas).
Voilà l’entrée en matière de L’Invitation… On vous laisse imaginer la tournure que va prendre le film lorsque débarquent enfin les voisins, Piña et Hawk (Penelope Cruz et Edward Norton), en plein milieu de la dispute… S’ensuit un huis clos caustique au cours duquel on va suivre comme sur un ring l’évolution de ces deux couples qui vont balancer en permanence entre jeux de séduction et de massacre, mensonges bienséants et vérités toutes crues, dans une danse qui ira de la cuisine au salon, du salon au bureau, du couloir à la chambre… de l’appartement si joliment remis à neuf. En apprenant à mieux connaître leurs voisins – qui exercent au fil de la soirée un puissant pouvoir de fascination, teinté d’une forte tension érotique – Angela et Joe vont remettre en question toutes leurs conceptions – pourtant solidement établies – du couple. Et si on changeait un peu les règles ? Et si on observait comment font les autres pour maintenir la flamme ?
Tout le film se déroule durant cette seule soirée, dans le décor unique de l’appartement : unité de temps, de lieu et d’action. L’Invitation est l’adaptation américaine du film espagnol Sentimental (2021) de Cesc Gay (programmé en son temps dans nos salles), lui-même tiré de sa pièce de théâtre Los Vecinos de arriba (Les Voisins du dessus, 2016). Le film avait déjà été adapté en France, en Italie et en Corée, preuve de la nature universelle de ses thématiques. Olivia Wilde y ajoute sa touche personnelle, plus féminine, et saisit l’occasion de bousculer un peu le narratif hollywoodien, abordant de front la sexualité dans le couple, la ménopause, l’amour libre… Le quatuor d’actrices et acteurs est impeccable, les rôles sont équilibrés et chacun apporte une personnalité forte, une vision, un humour… À travers cette confrontation jubilatoire, Olivia Wilde démonte avec beaucoup d’humour et de second degré les conventions amoureuses et invite chacun à questionner ses certitudes… Si on veut revenir à la citation d’Oscar Wilde en atténuant un brin sa radicalité anti-matrimoniale, on peut dire que pour rester amoureux, il faut peut-être commencer par réinventer les règles du mariage.


