Histoires de la nuit

Réalisation : Léa Mysius
Casting : Hafsia Herzy, Bastien Bouillon, Benoît Magimel
Scénario : Léa Mysius

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 114 mn

Sortie nationale : 16/09/2026

Mercredi 16 septembre
14:10
Saint-Ouen
Mercredi 16 septembre
20:45
Saint-Ouen
Jeudi 17 septembre
16:10
Saint-Ouen
Jeudi 17 septembre
20:40
Saint-Ouen
Vendredi 18 septembre
14:00
Saint-Ouen
Vendredi 18 septembre
18:20
Saint-Ouen
Samedi 19 septembre
16:15
Saint-Ouen
Samedi 19 septembre
20:40
Saint-Ouen
Dimanche 20 septembre
16:15
Saint-Ouen
Dimanche 20 septembre
20:40
Saint-Ouen
Lundi 21 septembre
16:10
Saint-Ouen
Lundi 21 septembre
20:40
Saint-Ouen
Mardi 22 septembre
14:00
Saint-Ouen
Mardi 22 septembre
18:20
Saint-Ouen
Du 16/09/2026 au 22/09/2026 – Prochaines séances

En deux films (le très remarqué Ava, 2017, et surtout le trop mésestimé Les Cinq diables, 2022) et quelques collaborations à l’écriture (avec notamment André Téchiné, Arnaud Desplechin, Jacques Audiard… mazette !), Léa Mysius est devenue une personnalité marquante du cinéma français. On attendait avec une grande curiosité son nouveau projet et elle nous prend bille en tête en s’attaquant frontalement au film de genre : Histoires de la nuit est un vrai « home invasion » au cœur de la campagne française, un thriller sans concession qui nous tient en haleine, la réalisatrice créant d’emblée une ambiance sourdement oppressante avant d’orchestrer de main de maître une montée permanente de la tension. Il faut souligner que Léa Mysius adapte ici – librement mais avec une grande fidélité à l’esprit du texte – le texte éponyme de Laurent Mauvignier, qui lui-même accomplissait un parcours comparable vers le roman noir revisité.

Dans une ferme isolée, nous faisons la connaissance de la petite famille formée par Thomas (Bastien Bouillon), Nora (Hafsia Herzi) et leur fille Ida (Tawba El Gharchi). Aujourd’hui est un jour un peu particulier : c’est l’anniversaire de Nora et il faut célébrer l’événement comme il se doit ! Thomas, avec l’aide de leur voisine Cristina (Monica Bellucci), prépare les festivités pour Nora avant son retour du travail.

Jusqu’ici, Histoires de la nuit démarre comme une chronique familiale plutôt calme, presque classique, même si, comme on l’a dit plus haut, l’inquiétude rôde. Mais tout bascule avec l’irruption d’un homme, puis deux, puis trois… Trois frères menés par l’aîné, le très inquiétant Franck (Benoît Magimel), qui vont prendre la famille en otage le temps d’une nuit. À partir de cet instant, la pression ne retombe plus et le film change complètement de visage : il se transforme en un huis clos implacable, qui se partage entre deux lieux se faisant face, à la fois opposés et complémentaires. D’un côté, la maison-atelier de Cristina, ultra-moderne et élégante, baignée de teintes bleutées et froides. De l’autre, la ferme rustique de Thomas, qu’il n’en finit pas de rénover, filmée avec des couleurs plus chaudes et accueillantes. À travers cette opposition visuelle, Léa Mysius met également en scène un contraste social et culturel : d’un côté une femme aisée et cultivée, une artiste au-dessus des contingences financières, de l’autre une famille modeste qui visiblement tire le diable par la queue. Une différence de milieu qui enrichit le récit et amplifie la tension qui s’installe peu à peu. C’est aussi ce qui rend le film si excitant : ces deux espaces deviennent progressivement deux scènes de crime potentielles. On se demande constamment de quel côté de la cour ça va se gâter, pourquoi et comment…

Au fil de la nuit, les secrets et les non-dits de la famille remontent peu à peu à la surface. Et c’est justement l’une des grandes forces du film : il nous pousse à interroger la vérité affichée par chacune et chacun. La frontière entre les « gentils » et les « méchants » reste volontairement floue, ce qui renforce encore le mystère et le suspense.

Difficile de ne pas penser à Funny games de Michael Haneke, un grand classique de cinéma perturbant qui n’a pas fini de diviser ses spectateurs… Léa Mysius, de son côté, cite plutôt comme référence A history of violence de David Cronenberg… Une chose est sûre, c’est que la cinéaste ne tombe jamais dans la surenchère ou le voyeurisme, maîtrisant de manière beaucoup plus subtile son entreprise de déstabilisation du public. Ça vaut le coup de venir voir comment elle joue avec nos nerfs !

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