Vanilla

Mayra Hermosillo

Type de film : Fiction
Année : 2025
Pays : Mexique
Jeune Public : Oui
Âge minimum : 10 ans
Durée : 99 mn
VOST

Casting : Natalia Plasencia, Daniela Porras, Maria Castella, Paloma Petra
Scénario : Mayra Hermosillo
Récompenses : Festival Cinelatino 2026 : Prix du Public et Prix de la Critique

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Du 20/05/2026 au 02/06/2026 – Prochaines séances

On dit que la vanille est un antioxydant dont l’arôme soulage le stress. Et de fait la vision de ce film procure bien une sensation de rajeunissement et d’apaisement. C’est une caresse pour l’âme qui, malgré la mélancolie qu’elle peut susciter, conserve toujours une douce saveur. Pour son premier long métrage, la réalisatrice puise dans ses souvenirs pour nous offrir un récit initiatique sur la résilience et la découverte, qui rend hommage aux femmes de sa vie.

Années 1990. Roberta est une fillette qui vit à Torreón, au nord-est du Mexique, dans une maisonnée criblée de dettes et au bord de l’expulsion. Elle partage le toit avec une constellation de femmes : mère, cousines, tantes et grand-mères. Le mandat de saisie que la famille reçoit au début du film est une petite bombe à retardement qui menace de faire s’écrouler la paix extravagante de la famille. Mais ce poids ne définit pas cette histoire, car son personnage principal est une petite fille qui voit les choses avec innocence… Alors que l’amertume du monde atteint et désole sa famille, il a encore pour Roberta le goût doux et généreux de la vanille…

C’est ainsi que le film met en scène une lutte entre l’innocence enfantine et la dure réalité que doivent se coltiner les adultes. En raison de l’absence de son père et à la suite d’une série d’expériences scolaires, Roberta commence à se poser des questions existentielles et à s’interroger sur le fonctionnement du monde au-delà de son foyer. Le film tisse un subtil récit de résistance, dans lequel une famille de femmes de la classe ouvrière fait « ce qu’elle peut avec ce qu’elle a » pour survivre dans un système étouffant – qu’il s’agisse de vendre des feuilles de vigne ou de voler des serviettes hygiéniques au supermarché. Récit de résistance et de solidarité : chacune sait que, si elle ne parvient pas à surmonter un obstacle, elle pourra toujours compter sur le soutien indéfectible de la petite communauté. Qu’il s’agisse de planifier des bêtises ou de surmonter un moment difficile, dans la vie de Roberta, il est implicite que quoi qu’il arrive, cette famille sera toujours là pour la soutenir. L’accompagnement est permanent, primordial, que ce soit celui des femmes ou du tendre épicier.

Vanilla décrit avec une grande justesse la façon dont on construit ses souvenirs d’enfance – leur imprécision ou au contraire leur netteté, selon qu’on les ressent particulièrement joyeux, surprenants ou mystérieux. Il y a quelque chose de profondément émouvant et de presque magique dans cette évocation. On fait simultanément la connaissance de tous les membres de cette famille en les suivant à travers une multitude de scènes grandiloquentes et précieuses, dont l’empilement impressionniste raconte mieux qu’une exposition tristement linéaire leur personnalité, leurs vertus, leurs défauts, leurs aspirations. Trouver la lumière au milieu de la tragédie, c’est aussi résister. Partager une glace à la vanille avec ses proches alors que tout semble perdu, c’est aussi résister. Vanilla incarne précisément cela, et il le fait à travers l’amour et la sincérité. Mayra Hermosillo déploie un réel talent, sur le plan technique comme narratif, pour trouver de la joie et de l’affection dans les recoins les plus sombres. (d’après Ricardo Gallegos, La Estatuilla)

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