Les Roches rouges

Réalisation : Bruno Dumont
Casting : Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski, Mohamed Coly, Alessandro Piquera, Meryl Pires
Scénario : Bruno Dumont

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 102 mn

Sortie nationale : 23/09/2026

Mercredi 23 septembre
16:30
Saint-Ouen
Mercredi 23 septembre
20:45
Saint-Ouen
Jeudi 24 septembre
18:45
Saint-Ouen
Vendredi 25 septembre
14:10
Saint-Ouen
Vendredi 25 septembre
20:50
Saint-Ouen
Samedi 26 septembre
17:10
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Dimanche 27 septembre
18:50
Saint-Ouen
Lundi 28 septembre
18:30
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Mardi 29 septembre
14:10
Saint-Ouen
Mardi 29 septembre
20:45
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Mercredi 30 septembre
18:50
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Jeudi 01 octobre
16:00
Saint-Ouen
Vendredi 02 octobre
20:45
Saint-Ouen
Samedi 03 octobre
14:15
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Dimanche 04 octobre
19:00
Saint-Ouen
Lundi 05 octobre
16:00
Saint-Ouen
Mardi 06 octobre
18:50
Saint-Ouen
Du 23/09/2026 au 06/10/2026 – Prochaines séances

C’est les vacances. Le soleil, aveuglant, cogne sévèrement. Le début d’après-midi, a fortiori dans les villes balnéaires du littoral méditerranéen, c’est l’heure chaude, très chaude, rythmée par le « chant » assourdissant des cigales, où les adultes repus désertent les terrasses, les rues, les plages – l’heure de la sieste. L’heure à laquelle les gamins désœuvrés, souvent livrés à eux-mêmes, enfourchent leurs bicyclettes ou leurs quads électriques, se retrouvent par petites bandes, s’approprient la ville et ses abords, partent à l’aventure. C’est à cette heure-là que sous le viaduc, sur la route qui mène au bord de mer, se retrouvent quotidiennement Géo (le mini chef de gang, version enfantine de P’tit Quinquin), Marion et Rouben – cinq ans chacun, six maximum, gamins de prolétaires envolés de leurs cages familiales respectives pour faire, à leur échelle, les quatre cents coups. Rouler comme les grands dans les rues désertes. Se livrer à de menus larcins dans des voitures de piqueniqueurs restées ouvertes. Et surtout, un peu à l’écart de la petite ville, grimper en haut des rochers (rouges) qui surplombent une petite crique pour, au mépris du danger, se jeter hardiment dans l’eau. Mais les roches rouges, c’est aussi le terrain de jeu d’un autre groupe de gosses du même âge – ceux-là plutôt issus des beaux quartiers : Do, B et Eve. De la confrontation des deux bandes naît, entre Eve et Géo, quelque chose que leurs cinq ans ne leur permettent pas de définir, qui s’apparenterait à un coup de foudre. C’est tout ? C’est tout. C’est d’une simplicité enfantine, filmé avec une invraisemblable liberté et des moyens dérisoires – mais d’une ambition d’expression sans borne et d’une sidérante beauté.

Insaisissable candeur du filmeur de fond : malgré ses treize longs métrages au compteur, ses deux séries télévisées à succès, sa reconnaissance internationale, Bruno Dumont n’en finit pas de nous « surprendre à rebrousse-poil », de perpétuellement se réinventer. Comme si, en gamin éternellement émerveillé, il n’en finissait pas, nonobstant ses trente ans de carrière, de s’extasier devant ce prodige : l’immense privilège qu’il a de « faire du cinéma ». À chaque fois qu’on l’a cru dans une impasse, ayant épuisé toutes les ressources de son art, au bord d’en répéter paresseusement les motifs les mieux maîtrisés : paf ! Il a incontinent fait volte-face, mis délibérément son parachute en torche, jeté au tout-à-l’égout son savoir-faire avec l’eau du bain, donné un vigoureux coup de pied au fond de la piscine (on a le choix des métaphores), planté là sans plus s’en soucier ses contempteurs comme ses adorateurs – et, en artisan curieux de toujours se perfectionner, remis sur le métier son ouvrage pour patiemment, inlassablement, tout reprendre à zéro. Dégrossir. Simplifier. Épurer. Passer des chroniques sociales radicales de La Vie de Jésus et de L’Humanité au sulfureux Twenty-nine palms, puis du sublimement bressonnien Hors Satan aux farcesques et surréalistes P’tit Quinquin et Ma Loute, partir explorer dans un sidérant diptyque adapté de Péguy la mystique de Jeanne d’Arc, exploser tous les codes et les frontières entre les genres cinématographiques avec L’Empire en localisant dans la clarté sablonneuse de la côte d’Opale une métaphysique de la guerre du bien, du mal et des étoiles… Il nous offre aujourd’hui avec Les Roches rouges, relecture inspirée de Roméo et Juliette, un film à nul autre pareil – dépouillé à l’extrême de tous ses artifices. Fascinant. Troublant. Solaire. Émouvant. Et beau. Terriblement beau.

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