La ragazza di bubbe

Réalisation : Luigi Comencini
Casting : Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel, Dany Paris
Scénario : Luigi Comencini, Marcello Fondato

Type de film : Répertoire
Année : 1964
Durée : 112 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 16/09/1964

Mercredi 18 novembre
16:20
Saint-Ouen
Vendredi 20 novembre
16:10
Saint-Ouen
Dimanche 22 novembre
18:15
Saint-Ouen
Mardi 24 novembre
16:10
Saint-Ouen
Jeudi 26 novembre
18:20
Saint-Ouen
Samedi 28 novembre
18:20
Saint-Ouen
Lundi 30 novembre
16:10
Saint-Ouen
Du 18/11/2026 au 30/11/2026 – Prochaines séances

En cinq décennies d’activité, Luigi Comencini (1916-2007) a slalomé entre les écoles et les genres, et traversé toutes les évolutions du cinéma italien. S’il a signé de grands succès populaires (L’Incompris en 1967, Les Aventures de Pinocchio en 1972), l’agenda des restaurations nous permet d’explorer les zones d’ombre de son œuvre. Après le polar inédit Sans rien savoir d’elle (1969), c’est au tour de La Ragazza di Bube (1964) de retrouver le chemin des salles… Ce film – injustement – oublié porte, vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, un regard critique sur la Libération, dégagé des mythes du néoréalisme… Il contient en outre l’une des plus remarquables prestations de Claudia Cardinale (1938-2025) à l’écran.

En avril 1944, dans la Toscane fraîchement libérée, Mara (Cardinale), une fille de la campagne, célèbre les convois d’Américains qui passent à côté de chez elle, dans un coude de l’Arno. Elle tombe amoureuse de Bube (George Chakiris, comédien et danseur américain débarqué de West Side story), un partisan redescendu du maquis. Ils se fiancent, mais Bube est pris dans une rixe et tue un ancien fasciste. Recherché par les autorités, il quitte le pays. En son absence, Mara part travailler en ville et fait la rencontre de Stefano (Marc Michel), un jeune ouvrier typographe, qui ne tarde pas à la demander à son tour en mariage.
Le film investit la Libération italienne comme une période trouble, cette latence avant l’amnistie, où le départ de l’occupant ne signe pas pour autant la fin des conflictualités politiques, notamment entre communistes et fascistes, qui règlent leurs comptes à couteaux tirés. Mais en faisant de Mara l’héroïne, le film pose sur l’époque un regard décentré. Il adopte délibérément le point de vue de l’amoureuse, qui n’intellectualise pas la situation mais la vit. Les stigmates de la guerre s’affichent dans les décors traversés (un pont détruit sur l’Arno, des bâtiments écroulés en ville), mais en arrière-plan, comme teintés du filtre des sentiments. En femme qui attend, peut-être indéfiniment, Cardinale, en cheveux blonds et courts, trouve un rôle à la hauteur de La Fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961), qui l’avait révélée : une marcheuse qui se tient droite, orgueilleuse et rustique, figure de l’Italie populaire… (M. Macheret, Le Monde)

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